Enfin cela ne s’est pas tout a fait passé comme ça, disons qu’au pied de la montagne devenue un vrai site touristique, nous avons pris un téléférique bon marché, sensiblement le même que celui de La Plagne - mais j’aurais vraiment aimé  pouvoir raconter un récit de la sorte. Une fois au sommet, par contre on se rend compte pourquoi la muraille de Chine fait partie des sept merveilles du monde. Elle s’étend à perte de vue, épousant le relief de la forme des montagnes,  et ce en respectant une architecture certes rudimentaire mais incroyablement régulière. Nous étions ébahis, moi je n’en revenais pas, n’étant pas un contemplatif, je n’ai jamais ressenti de telles sensations pour un monument. Généralement, j’aime regarder les belles choses mais sans s’attarder plus que de raison. Ce dimanche, j’ai découvert un nouveau sentiment si bien que les mots s’évaporent quand j’essaie de lui donner un nom ! C’était génial, j’ai adoré, mon seul regret sera de voir que le tourisme en a fait un parc d’attractions, cependant peut être que ce n’est pas si grave quand on sait que la muraille fait plusieurs milliers de kilomètres.
 
Une fois notre ballade terminée, nous voila retournés au stade vers les 18 heures, pour les épreuves du soir. Au programme, encore pleins de belles choses, et comme souvent certaines vont me marquer plus que d’autres. Si je devais en retenir qu’une en ce dimanche soir, cela resterait le triplé Jamaïcain au 100 mètres féminin. Durant la finale, j’étais avec mon coach
(Jean-Yves Cochand), cela faisait soit dit en passant longtemps que je ne l’avais pas vu, partager ce moment avec lui fut un vrai plaisir.  En effet, on vit plein de bons moments durant les compétitions et l’entraînement, mais pour une fois je n’étais pas l’athlète, j’étais juste « moi ». Je trouve bizarre de dire cela, alors que  mon coach est la personne que je vois le plus au quotidien. Plus que ma mère, ma copine, mes amis, et malgré cela c’était l’une des rare fois pour ne pas redire la seule où je ne me sentais pas dans cette relation « entraîneur entraîné ». On était ensemble pour voir cette finale car j’avais envie de la partager avec lui, comme j’aurais envie de le faire pour encourager mon pote Romain Barras durant le décathlon (on a le même entraineur). Ici pendant les Jeux Olympiques, je suis un passionné comme pleins d’autres, je regarde, j’encourage, je vibre au rythme du stadium et surtout je rêve ….  Oui je rêve c’est le mot mais comment ne pas le faire quand on voit la course incroyable qu’elles ont réalisée. Donc pour le 100mètres femmes, on assista à un réel coup de théâtre. La favorite était l’américaine Torri  Edwards, mais une fois le départ donné, il se profile au 30 mètres de course un maillot jamaïcain. Puis comme si ça ne suffisait pas, l’avance de la jamaïcaine Frazer s’accentue un peu au 50 mètres, pour ne laisser au final aucune chance aux autres concurrentes. C’était une course parfaite avec un record perso à la clef, elle avait réussi à faire ce que peu de sportifs arrivent à gérer, être prêts le jour J à l’instant « T ». Pour couronner le tout, les deux autres jamaïcaines prennent les places restantes sur le podium au prix d’une lutte acharnée avec les américaines. Moi, dans tout ça, j’étais fou avec Jean-Yves, on n’en revenait pas, voir les jamaïcains dominés le sprint mondial en si peu de temps, c’était incroyable ! Le stade vibra par la suite au rythme cool et joyeux d’un bon vieux reggae…