A Pékin en ce moment, c’est la folie ! il se passe toujours quelque chose. C’est fatiguant d’ailleurs mais c’est captivant, car les jeux vont sur leur fin, donc les enjeux augmentent et les finales approchent. Hier soir, le stade a connu de grands rebondissements pas physiques mais historiques. En, effet il y a pour ma part trois évènements qui m’ont touchés et dont je vais vous parler.
 
En premier lieu : c’est la finale du disque hommes qui a attiré mon attention. En tant que décathlonien, le disque fait parti des épreuves que je pratique et que j’adore. C’est donc plus qu’en néophyte que je me permets d’en parler !! Cette épreuve a vu ces dernières années  naître le successeur d’Alekna le gargantuesque lituanien, garde du corps du Président à ses heures perdues. La relève semble s’appeler Kanter. En effet, cela faisait deux ans qu’il prenait les premières places en grand championnat, mais moi j’ai une préférence pour le vieux Alekna qui, je le rappelle, ne joue pas à Chelsea. Mais la fougue du jeune Kanter par un jet autoritaire à plus de 68 m prit la première place reléguant le solide lituanien à la troisième. Kanter est désormais le nouveau maître du disque après avoir été celui de la bière. !!!
Pendant la finale du disque, se déroulait celle de la hauteur hommes où une autre tête de série trône, je veux bien sûr parler de Stephan Holms. Le plus grand sauteur en hauteur n’a pas su tirer son épingle du jeu, avec un excellent concours et des impasses très bien choisies, il n’arrive malheureusement pas à passer sur le podium. C’est ce qu’on appelle un coup de théâtre car pour l’homme qui saute avec le plus grand rapport « taille hauteur franchie », cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas été si mal classé en grands championnats : quatrième la plus mauvaise place ! Et ce au profit du Russe Stilnov qui remporte ici son premier titre olympique, avec la manière en passant 2m36 … facile, « finger in the nose » !!!
Autant dire que la soirée d’hier, niveau renversement de situation, bouleversements et autres instants stupéfiants, on a été servi à la louche. Car le pire restait à venir, vous savez de quoi je veux parler …
La finale du 1500 m hommes, course où devait s’illustrer notre ami Mehdi Baala, mais encore une fois le sort en a voulu autrement. Nous étions au premier rang pour cette finale  et même nos plus fervents encouragements n’ont pas suffi à lancer la machine Baala. Après un tour de piste, on sentait que le projet était mal engagé, je trouve qu’il manquait un peu d’autorité, face à de tels adversaires, on n’a pas le droit à l’erreur. Puis, le second tour confirme un peu ce que beaucoup pensait, Medhi attaque le deuxième tour à l’extérieur ce qui rajoute de la distance. Suit le dernier tour, à cet instant, on s’attend, on espère un départ de Medhi mais qui en manque de confiance et quelque peu fatigué, ne relance pas. La course le porte mais sans prendre la tête. C’est le moment que choisi Ramzi pour aller de l’avant ; au dernier 150 m, le français tente une accélération qui, avec un zest de folie, aurait pu l’emmener vers une troisième place, mais en vain. Le stadium de Pékin fut encore la scène d’un coup de Trafalgar et continue de nous livrer une compétition au scénario des plus incroyables.
Pour le reste ce matin, on a assisté au quart de finale du handball et on a s’apprête a repartir au stade pour de nouvelles sensations que l’on partagera sûrement avec environ 90000 personnes comme à l’accoutumée. On vit des instants magiques ici, vivement la suite, car encore plein de grandes finales et de belles visites nous attendent. A demain ……