Depuis votre médaille d’argent, on vous voit partout : dans les journaux, au 20 heures de France 2… Comment vivez-vous cette soudaine célébrité ?
 
Tout se passe vite. Je n’ai pas le temps de réaliser. Je ressens cela comme de la reconnaissance. C’est un plaisir d’être dans les journaux, d’aller sur les plateaux de télévision. Tous les athlètes de haut niveau en rêvent. C’est pour cela que j’en profite un maximum. Le SEAT DécaNation, dans quelques jours, va être en plus l’occasion de courir devant le public français et de fêter avec lui ma médaille.
 
Vous avez répété à de nombreuses reprises que vous croyiez à un podium bien avant la finale olympique. Quand cet espoir a-t-il germé ?
 
C’était mon objectif depuis le début de l’année. J’avais de l’ambition. Je ne m’entraîne pas pour entrer en finale. Je suis un gagneur, je vais jusqu’au bout. Quand je m’aligne au départ d’une course, je n’ai peur de personne. Pourquoi est-ce que je craindrais un adversaire ?
 
Ya-t-il tout de même un coureur que vous admirez tout particulièrement ?
 
Saif Saaeed Shaheen ! Pour ses chronos et son palmarès. Il est recordman du monde, champion du monde… C’est lui le meilleur.
 
Vous avez admirablement géré sur le plan tactique votre finale pékinoise. Peut-on parler de la course parfaite ?
 
La course parfaite aurait été celle où je gagnais la médaille d’or. J’ai senti pendant ce 3000 m steeple que j’étais en train de réaliser une belle performance. Je ne m’inquiétais pas, je gérais, j’attendais. Ma stratégie, c’était de rester toujours aux avant-postes en étant constamment au contact des premiers.
 
L’an dernier, vous aviez été éliminé dès les séries lors des Mondiaux d’Osaka. Qu’est-ce qui a changé pour vous en un an ?
 
Osaka était mon premier grand championnat chez les seniors, je découvrais. Franchement, je n’avais pas couru. Sur le coup, j’avais été très déçu et triste. Quand j’y repense, je me dis que ça m’a été bénéfique malgré mon élimination prématurée. Je me suis servi de cet échec pour rebondir.
 
Vous êtes déjà vice-champion olympique à 23 ans. Où allez-vous trouver la motivation pour repartir de plus belle ?
 
Ce n’est pas une médaille d’argent qui va m’arrêter et qui va casser ma motivation. Ce n’est qu’un début. Je suis quelqu’un qui en veut et je vais me battre pour avoir d’autres médailles. En plus, j’ai un petit regret par rapport à l’or. En y repensant, je ne suis pas passé loin du titre olympique. Quinze centièmes, c’est rien !
 
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